lundi 17 janvier 2022

Le ménage

3e chronique de l'influenceuse


Un autre avantage à vivre seul, c’est la gestion du ménage. Comme tout le monde le sait, le partage des tâches n’est pas encore chose acquise. Trop souvent, la responsabilité du ménage est implicitement le fait du conjoint de sexe féminin. Et si le conjoint masculin a mis la main à la pâte, c’est parce que la conjointe lui a demandé de le faire. Il va d'ailleurs s'en vanter pendant une semaine pour montrer comment il est d'avant garde.


Le seuil de tolérance au désordre n’est pas le même pour tous (mon opinion personnelle étant que passé un certain point, la poussière atteint un seuil de saturation au-delà duquel rien ne peut plus s’accumuler, du moins rien qui ne fasse une grosse différence). Il peut être irritant pour le conjoint propret de voir le conjoint traîneux laisser ses traîneries. Comme il peut être irritant pour le conjoint traîneux de voir le conjoint propret passer l’aspirateur derrière soi, en tentant de nous faire sentir coupable de ne pas l’avoir fait nous-même (non pas de S à «même» car c’est au singulier : en effet, je me nounoie).


Qui a raison, qui a tort? Même si ma sympathie va à la personne traîneuse, il reste que tous deux ont raison. Le problème vient du fait qu’ils sont ensemble. La personne seule vit très bien avec ses petites manies et est responsable de son ménage (désordre). Quand ça dépasse son seuil de tolérance, elle sait quoi faire.

 

Pour la solitaire traineuse, la phrase passe-partout «Excusez le désordre» permet de laisser croire aux éventuels visiteurs qu’habituellement, le ménage est fait mieux que ça. Qui est là pour la contredire? Il existe des variantes : «Ne regardez pas le ménage», «Je n’ai pas eu le temps de ranger», «Oh je suis honteuse» (même si cette dernière affirmation n’est pas vraie, ça parait toujours bien).

 

Ceux qui rigolent en lisant ceci, bienvenue chez moi! Quant aux autres, ceux qui sont horrifiés, bienvenue aussi, mais… scusez le désordre!

jeudi 13 janvier 2022

Faire la vaisselle

Seconde chronique de l'influenceuse


On m’avait suggéré, dans un commentaire, de discuter sur le fait de ranger la vaisselle ou de la remettre sur la table directement. Et bien, ni l’un ni l’autre! La vaisselle s’accumule sur le comptoir, à raison de deux assiettes par jour. À gauche du lavabo se trouve de la vaisselle sale, à droite se trouve l’égouttoir pour laisser sécher la vaisselle propre. Car non, la personne seule n’essuie pas. Cette étape est inutile. Si on a de la visite, d’accord, il est de bon ton de faire essuyer la personne invitée. Sinon, puisqu’au prochain repas la vaisselle est déjà sèche, on la prend directement dans l’égouttoir pour s’en servir à nouveau, ce qui nous dispense d’une autre étape superfétatoire : ranger la vaisselle (non mais quelle perte de temps!).


Et ne me parlez pas d’un lave-vaisselle! Juste mettre la vaisselle dans la machine et l’en ressortir, c’est une corvée : On doit se pencher pour chaque item et lui trouver un endroit propice. Car on n’introduit pas la vaisselle sale dans le lave-vaisselle n’importe comment! Il faut tenir compte de la stabilité de l’objet tout en s’assurant d’optimiser l’espace. On ne démarre pas le lave-vaisselle pour quelques assiettes; pour économiser l’énergie, on part la machine lorsqu’elle est pleine. Mais une personne seule possède-t-elle autant de vaisselle? Et lorsque le cycle est terminé, il faut vider (donc se pencher, ramasser un objet à la fois, pour ensuite aller le ranger). Non, on ne peut pas tout laisser là en attendant de s’en resservir puisque pendant ce temps, on ne peut y ranger notre vaisselle sale, qui devrait alors trôner sur le comptoir.


Pour mieux me documenter, j’ai consulté un article du Monde (un journal sérieux s’il en est).


Je n’y ai trouvé que des arguments fallacieux. À croire qu’ils ont été payés par Big Lavevaisselle. Voyez plutôt :

  • Consommation d’eau : avec une mauvaise foi évidente, ils comparent les lave-vaisselles les plus performants (12 litres d’eau) avec le crétin qui lave sa vaisselle dans une grosse bassine tout en laissant couler l’eau (42 litres d’eau).
  • Côté énergétique : ils admettent à contre-cœur que le lave-vaisselle est plus énergivore, même si on utilisait 42 litres d’eau à la main.
  • Efficacité : le lavage à la main l’emporte ici. On pouvait s’y attendre.
  • Impact sur l’environnement : il dépendrait surtout du type de savon. Normal.


L’article conclut à un bilan favorable au lave-vaisselle, à condition d’utiliser la fonction ÉCO. Et si moi je concluais à un bilan favorable au lavage à la main, à condition de ne pas laisser couler l’eau?


Un autre site suggère «De plus, au cours d’une journée, vous devez faire plusieurs fois la vaisselle. Avec le lave-vaisselle, un remplissage par jour est suffisant». Mais quelle exagération! C’est peut être vrai pour les familles nombreuses, mais pas pour la personne seule.


Et ils oublient de préciser que toute vaisselle n’est pas compatible avec la machine et que souvent, on est obligé de rincer avant de mettre au lave-vaisselle. Donc, on finit tout de  même par faire une «brassée» de vaisselle à la main.


Le coût initial et le volume occupé par l’objet doivent aussi entrer en ligne de compte. Un mètre cube n’est pas négligeable lorsqu’on a un appartement qui fait 29 m2.


J’ai de plus trouvé un avantage indéniable à laver la vaisselle à la main, au point que parfois je me retiens de la faire pour attendre le moment propice. J’économise ma vaisselle sale. Car lorsqu’on a les mains gelées, la panacée est simple : se tremper les mains dans l’eau chaude. Joignons l’utile à l’utile en faisant la vaisselle! Cette activité nous oblige à mariner nos mains assez longtemps pour activer une saine circulation jusque dans les extrémités des doigts. La chaleur ainsi générée se garde plusieurs heures. Un investissement précieux!


Concluons l’affaire en précisant que lorsqu’on est seul, on choisit seul : faire la vaisselle ou pas, la ranger ou pas, lave-vaisselle ou pas. On a le plein contrôle de notre vie. Vive le célibat!

lundi 10 janvier 2022

La mauvaise presse de la solitude dans les chansons

 Première chronique de l'Influenceuse


La solitude est associée à «être malheureux». Je vous donne quelques exemples plus bas. Alors là, je m’insurge! Il s’agit d’un complot. Toutes les chansons traitant de la solitude disent tous la même chose : Les tu-seuls sont pitoyables. De quoi entretenir la phobie collective d’être seul. En voici deux exemples connus :


Barbara (La solitude) : https://www.youtube.com/watch?v=GlVrWsEUFGY

La solitude est une garce, laide, yark, caca.


Moustaki (Ma solitude) : https://www.youtube.com/watch?v=h9-OzSzCDWo

Ici, on est un peu plus nuancé. On avoue qu’on n’est jamais seul avec sa solitude. Pourtant, on laisse entendre qu’il faut «réagir». Et le type de mélodie, triste, lancinante, nous fait savoir que l’auteur manie l’antiphrase avec ostentation. Imaginez les mêmes paroles sur l’air du Picbois de Beau Dommage ou de Agadoudoudou, ça aurait une toute autre signification.


La mélodie (si belle, si douce, si triste) sert en réalité de message subliminal pour mettre l’auditeur dans un état d’esprit propre à se laisser influencer (les chanteurs tristes sont les influenceurs d’avant l’heure). Un peu comme la trame sonore d’un film d’horreur.


Offrez-moi vos suggestions de chansons traitant de la solitude, il me fera un plaisir de les démolir.




dimanche 9 janvier 2022

Je serai une influenceuse

 

Suite à une entrevue entendue à Radio-Canada au sujet de deux influenceuses dans la soixantaine (Ma petite madame et Dame mature https://www.youtube.com/watch?v=XTrgK9FN88g ), j’ai décidé de devenir influenceuse à mon tour.

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/penelope/episodes/592654/rattrapage-du-mercredi-22-decembre-2021

(Oui, ça date du 22 décembre, j'y ai donc pensé longuement)


Le terme «influenceur-euse» (ou son équivalent non genré) est un euphémisme socialement acceptable pour : «manipulateur-teuse» (ou son équivalent non genré). Ainsi, les gens qui les suivent (appelés «les suiveux») ont bonne conscience et ont l’impression de garder leur libre arbitre.

 

Bien que réfractaire à ce concept, je me suis dit que la popularité d’une influenceuse est tout de même enviable et que ça me serait bien utile pour ma carrière d’écrivaine. C’est sûr que le statut en a pris un coup depuis l’affaire du party dans l’avion (faites vos propres recherches, comme disent les complotistes, il y a tellement de sites qui en parlent, je ne savais pas lequel choisir), mais vu que je ne recherche aucun commanditaire (à part les fabricants de linge mou peut être), peu me chaut (du verbe chaloir).

 

Je ne connais pas grand-chose dans le monde des influenceurs, mais j’ai quand même remarqué que la vidéo est LE médium privilégié pour influencer. Mais puisque ce n’est pas mon fort et que je n’ai pas envie de me mettre du rouge à lèvres chaque fois que j’ai quelque chose à dire, je vais opter pour ce que je fais de mieux : écrire. Qui plus est, dans mon blogue. Pourquoi changer une formule gagnante.

 

Puisque le créneau des madames mûres est déjà occupé par les deux personnes citées ci-haut, je me dois de trouver autre chose, un sujet qui peut toucher plein de monde. J’ai fini par trouver un bon filon : la solitude. Car oui, je suis tu-seule. Et ne nous le cachons pas, la solitude a mauvaise presse. Sauf quoi moi, je suis bien tu-seule, depuis toujours et encore plus depuis la pandémie, puisque je ne me sens plus coupable d’être tu-seule.

 

Parmi les thèmes que j’aborderai :

  • La mauvaise presse de la solitude dans les chansons
  • Les films cuculs de Noël
  • Le couple
  • Les compromis, petites ou grandes décisions, 
  • Le laisser-aller
  • La solitude à Noël
  • Le confinement et la solitude
  • L'amour, cette valeur suprême?
  • Parler tout seul : signe de folie ou de santé?

Ainsi que tout autre sujet suggéré par mes suiveux fans dans les commentaires. N'hésitez pas à mettre votre grain de sel pour alimenter notre réflexion collective!


À bientôt pour une chronique enlevante!


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lundi 3 janvier 2022

Le pirate des Caraïbes

 Puisque la bibliothèque de l'IMQ s'est dotée de la collection complète du Pirate des Caraïbes (notes de cours pour Piraterie 101), je me suis fait un devoir d'en refaire la lecture. Qui ne se souvient pas de ces sympathiques pirates qui écument les sept mers et qui ne font pas de quartier?

 

Barbe-Rouge, c'est le méchant au coeur tendre, qui adopta comme son propre fils le petit Éric, dont les parents furent commodément tués par une balle perdue (un boulet de canon perdu, mettons) pour éviter que Éric ne soit dans la position peu confortable où son père adoptif aurait assassiné ses parents... On s'assure ainsi de la fidélité et de l'affection d'Éric, même après qu'il apprendra qu'il n'est pas le vrai fils de Barbe-Rouge. D'ailleurs, il s'en doutait un peu puisque, bon sang ne saurait mentir, il a un coeur pur et ne veut pas être un pirate car un pirate c'est méchant.


Triple-patte, le vieillard érudit à qui il manque une patte, lui donne des cours de latin, de mathématiques, de physique nucléaire et de gravitation quantique. Baba, un noir colossal, lui sert de nounou, le protège, et lui apprend à se battre. Et nous, on apprend à comprendre son dialecte «A''êtez-le! T'op ta'd». En effet, on finit par comprendre que les R sont remplacés par une apostrophe. 


Baba et Triple-Patte sont les plus fidèles lieutenants de Barbe-Rouge. On peut toujours leur faire confiance, sauf la fois où, après avoir dérivé sans eau et sans nourriture dans un canot, Baba délire et tente de dévorer Triple-Patte, soumis à l'impulsion d'un atavisme transmis par ses ancêtres cannibales (je n'invente rien!).
 

Bientôt le petit Éric grandit. À vue de nez, il s'est écoulé 25 ans au minimum. Le temps qu'il vive, en tant qu'adulte, un paquet d'aventures, qu'il prenne de l'expérience comme marin et fasse ses classe jusqu'à devenir capitaine. Donc, il doit avoir au moins 28 ans. Gros minimum. Pendant ce temps, Triple-pattes le vieillard (qui devait avoir, à l'époque de l'adoption du petit Éric, au moins 70 ans) devrait avoir environ 95 ans. Bon pied (au singulier), bon oeil, il a toujours la forme, navigue encore et donne volontiers des coups de canne redoutables dans les bagarres auquel il participe avec un enthousiasme de jeune homme. Baba, lui, n'a pas pris une ride. Il n'a pas non plus appris à pa'ler co''ectement, ça y en a v'aiment biza''e. Mais il est toujours aussi colossalement fo't. Ba'be-'ouge, pardon, Barbe-Rouge lui-même, n'a pas vieilli d'un poil.

 

Leurs destins se séparent. Éric va sur le droit chemin tandis que Barbe-Rouge et ses pirates continuent leur vie de chenapans. Par contre, leurs routes vont se croiser régulièrement, l'un sauvant la vie de l'autre et vice-versa. Parfois Baba et Triple-Patte accompagnent Barbe-Rouge, parfois, généreusement prêtés par papa-Rouge, ils accompagnent Éric.

 

Éric est d'une naïveté déconcertante : ils fait confiance à n'importe qui, même si la personne a un rictus mauvais, les sourcils froncés et qu'on les voit à l'avant-plan dans le coin d'une case, avec un regard en biais...

Naturellement, il fonce tête baissée dans tous les pièges, tous les traquenards qui sont dressés sur sa route par les jaloux. Et des jaloux, il y en a en masse car il est un capitaine hors pair, il a le coeur pur, il est bon, il est beau. Heureusement, sa naïveté n'a d'égale que son ingéniosité à s'extirper de situations inextricables. Sinon, c'est papa lui-même qui vient à la rescousse de fiston.

 

C'est d'ailleurs ainsi (fiston) que Triple Patte et Baba continuent de s'adresser à lui, tout capitaine et homme fait qu'il soit. Devant le reste de l'équipage, qui plus est. 


Et qui ne se souvient pas des savoureuses caricatures de pirates dans les aventures d'Astérix? En fait, quand on lit les aventures de Barbe-Rouge, on a l'impression que c'est cette série qui caricature les pirates d'Astérix...