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lundi 10 janvier 2022

La mauvaise presse de la solitude dans les chansons

 Première chronique de l'Influenceuse


La solitude est associée à «être malheureux». Je vous donne quelques exemples plus bas. Alors là, je m’insurge! Il s’agit d’un complot. Toutes les chansons traitant de la solitude disent tous la même chose : Les tu-seuls sont pitoyables. De quoi entretenir la phobie collective d’être seul. En voici deux exemples connus :


Barbara (La solitude) : https://www.youtube.com/watch?v=GlVrWsEUFGY

La solitude est une garce, laide, yark, caca.


Moustaki (Ma solitude) : https://www.youtube.com/watch?v=h9-OzSzCDWo

Ici, on est un peu plus nuancé. On avoue qu’on n’est jamais seul avec sa solitude. Pourtant, on laisse entendre qu’il faut «réagir». Et le type de mélodie, triste, lancinante, nous fait savoir que l’auteur manie l’antiphrase avec ostentation. Imaginez les mêmes paroles sur l’air du Picbois de Beau Dommage ou de Agadoudoudou, ça aurait une toute autre signification.


La mélodie (si belle, si douce, si triste) sert en réalité de message subliminal pour mettre l’auditeur dans un état d’esprit propre à se laisser influencer (les chanteurs tristes sont les influenceurs d’avant l’heure). Un peu comme la trame sonore d’un film d’horreur.


Offrez-moi vos suggestions de chansons traitant de la solitude, il me fera un plaisir de les démolir.




dimanche 11 mars 2007

je suis venu te dire que je m'en vais...

Voilà, puisque j'étais si bien partie, une autre chanson qui me tape.

Comme c'est du Gainsbourg, il peut faire n'importe quoi. Ça date de 1992 seulement, ce qui explique que, contrairement à mon dernier pétage de fuse, ça ne fait pas quarante ans que cette chanson fait ch...

Je vous présente donc les paroles, très songées.

(Si je comprends bien, les trois couplets sont composés trois fois des mêmes paroles. Les seules choses qui changent, ce sont les reniflements en arrière train plan. On peut pas dire qu'il s'est bien fendu le derrière en composant ça)

Je suis venu te dir'que je m'en vais
snif snif snif
et tes larmes n'y pourront rien changer snif snif snif
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais" snif snif snif
je suis venu te dir'que je m'en vais snif snif snif
tu t'souviens des jours anciens et tu pleures snif snif snif
tu suffoques, tu blémis à présent qu'a sonné l'heure snif snif snif
des adieux à jamais snif snif snif
oui je suis au regret snif snif snif
d'te dir'que je m'en vais snif snif snif
oui je t'aimais, oui, mais- je suis venu te dir'que je m'en vais snif snif snif
tes sanglots longs n'y pourront rien changer snif snif snif
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais" sniiiiif sniiiiiif sniiiiiif
je suis venu d'te dir'que je m'en vais sniiiiif sniiiiiif sniiiiiif
tu t'souviens des jours heureux et tu pleures sniiiiif sniiiiiif sniiiiiif
tu sanglotes, tu gémis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais sniiiiif sniiiiiif sniiiiiif
oui je suis au regret
d'te dir'que je m'en vais sniiiiif sniiiiiif sniiiiiif
car tu m'en as trop fait- je suis venu te dir'que je m'en vais
et tes larmes n'y pourront rien changer
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
tu t'souviens des jours anciens et tu pleures
sniiiiifff sniiiiiifff sniiiiiifff
tu suffoques, tu blémis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais sniorff sniorff sniorff
oui je suis au regret
d'te dir'que je m'en vais
sniorff sniorff sniorff
oui je t'aimais, oui, mais- je suis venu te dir'que je m'en vais
tes sanglots longs n'y pourront rien changer
sniorf sniorf sniorf
comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
je suis venu d'te dir'que je m'en vais
tu t'souviens des jours heureux et tu pleures
sniorf sniorf sniorf
tu sanglotes, tu gémis à présent qu'a sonné l'heure
des adieux à jamais
oui je suis au regret
sniorf sniorf sniorf
d'te dir'que je m'en vais
car tu m'en as trop fait
POOOOON schhhhniiiiiiioooorf rrrrrhhhhhaaaaagh


De plus en plus fort, ne dirait-on pas que la choriste est prise d'une crise aigüe d'asthme tuberculeux à SRAS aviaire??? Imaginez-la, au studio d'enregistrement... En fait, elles doivent être plusieurs à se relayer pour émettre ces reniflements, autrement elle tomberait en hyperventilation... Combien de fois ont-ils dû reprendre la prise, c'est pas possible, ils n'ont pas pu garder leur sérieux tout le temps que dure la chanson!!!

Au-delà des rappels très peu subtils du gros chagrin de la madame, quel espèce de gros colon va prendre la peine d'aller sur place expliquer à la madame qu'elle peut aller chier et qu'il ne veut plus rien savoir d'elle? S'il veut s'en aller qu'il le fasse, pas besoin de revenir pour ça... Et que je te tourne le fer dans la plaie, et allez donc!

Et quelle espèce de crétine va l'écouter répéter trois fois son petit laïus sans autre réaction que de «pleurer, sangloter, gémir, suffoquer et blêmir»... Il me semble que la réaction normale à avoir c'est de l'interrompre au bout de deux phrases avec un : «Décrisse, Maurice!» bien ressenti...

(Aaaaah maudit que ça fait du bien!)

mercredi 7 mars 2007

Je veux qu'il revienne!

Pétons encore une fois notre fuse en nous acharnant de nouveau sur une chanson des années soixante.
Portons notre dévolu cette fois sur «Je veux qu'il revienne» de Françoise Hardy.

Versons notre fiel Analysons les paroles :

je sais bien pourtant le mal qu'il a pu me faire (ça commence bien!)
mais c'est lui que j'aime
je me rappelle aussi tout ce que j'ai déjà souffert
je veux qu'il revienne
pour ne plus avoir à souffrir
j'ai cru qu'il valait mieux partir
sans lui j'ai trop de peine
je veux qu'il revienne

Notons qu'elle semble prise dans le dilemne : ou bien elle souffre, ou bien elle a de la peine. Alors ici, demandons-nous quelle est la différence entre «ne plus avoir à souffrir» et «avoir trop de peine». ..

On peut en passant se demander si c'est elle qui est partie ou si c'est lui... pas trop clair, ce passage...

je veux qu'il revienne HAN HAN HAN HAN
car c'est lui que j'aime HAN HAN HAN HAN
je veux qu'il revienne HAN HAN HAN HAN
dis-lui pour moi
dis-lui pour moi

(Notons d'abord le HAN HAN HAN HAN du refrain, qui revient après chaque phrase et qui fait irrésistiblement penser à un âne qui brait...)

je me souviens de tout les mensonges qu'il m'a dit
mais c'est lui que j'aime
de toutes ces filles que l'on a pu voir avec lui
je veux qu'il revienne
je suis prête à recommencer
puisqu'on dit qu'il a des regrets
puisque c'est lui que j'aime
je veux qu'il revienne

Il la trompe, il lui ment... et elle en
redemande!!!

je veux qu'il revienne HAN HAN HAN HAN
car c'est lui que j'aime HAN HAN HAN HAN
je veux qu'il revienne HAN HAN HAN HAN
dis-lui pour moi
dis-lui pour moi
même si je dois pleurer encore
même s'il est toujours le plus fort
puisque c'est lui que j'aime
je veux qu'il revienne

Elle accepte de pleurer encore, et mentionne qu'il est le plus fort, et ce, probablement pas pour mettre sa force à son service tel un chevalier servant... Surtout au vu de la première phrase de cette chanson «... tout le mal qu'il a pu me faire»

je veux qu'il revienne HAN HAN HAN HAN
car c'est lui que j'aime HAN HAN HAN HAN
je veux qu'il revienne HAN HAN HAN HAN
dis-lui pour moi

Maintenant, quelqu'un peut-il m'expliquer ce que c'est que cet «amour»??? Elle l'AIIIIIIIIIIME! Oui, bon, mais en quoi cet homme est-il aimable??? Comment pourrait-on compatir au malheur de cette pauvre nouille qui semble n'exprimer qu'un désir têtu et masochiste?

On peut voir d'étranges similitudes entre une droguée (ou une fumeuse) en manque... On peut faire une relecture intéressante de cette chanson en nous disant qu'elle s'adresse à sa cigarette ou à sa ligne de coke...

On perpétue dans cette chanson la notion d'«amour» comme un concept complètement irrationnel, hors de tout contrôle et on l'érige au niveau de vapeur suprême, indiscutable.

«Dis-lui pour moi...» Si elle s'adresse à une véritable amie, elle va bien se garder de lui faire le message!

je veux qu'il revienne HI-HAN HI-HAN
car c'est lui que j'aime HI-HAN HI-HAN
je veux qu'il revienne ... HIIIII-HAN HIIIII-HAN

samedi 3 septembre 2005

Comme un garçon...

Dans le cadre de mes posts culturels, analysons (c'est moi qui analyse, vous, vous lisez avec la bouche grande ouverte, babas d'admiration et vous vous taisez. À la rigueur, vous pouvez laisser un commentaire respectueux) la chanson «Comme un garçon» popularisée par Sylvie Vartan.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, vous pouvez en voir les paroles dans le site paroles.net (taper le titre de la chanson dans l'espace prévu). Non que ce ne soit nécessaire, puisque je vous ai recopié les paroles, mais c'est juste au cas où vous ne me croiriez pas et que vous imaginez que j'aurais modifié quelques vers pour les rendre plus ridicules.

Si vous désirez la fredonner tout en lisant, prenez garde de monter votre ton de trois octaves. Si vous êtes un gars, ce sera 6 octaves.

Allons-y :

♪♫♫Comme un garçon j'ai les cheveux longs
Comme un garçon je porte un blouson
Un médaillon, un gros ceinturon, comme un garçon♪♫♫
Nous avons compris qu'ici on définit la masculinité avec des critières discutables Les cheveux longs laissent songeurs. Mais bon, nous étions en 1968, ne l'oublions pas. Et en France.

♪♫♫Comme un garçon moi je suis têtue
Et bien souvent moi je distribue
Des corrections faut faire attention
Comme un garçon♪♫♫
Elle s'affiche comme le ti-boss des bécosses... Jusqu'ici, tout est cohérent.

♪♫♫Pourtant je ne suis qu'une fille♪♫♫
Notez déjà le «que» réducteur. Le ton est donné.«Le Bon Usage» de Grevisse définit cette locution adverbiale comme servant à marquer fortement le peu d'importance ou de valeur, l'insignifiance de l'être ou de la chose dont il s'agit. Conclusion : une fille, c'est moins qu'un gars. Éloquent.

♪♫♫Et quand je suis dans tes bras
Je n'suis qu'une petite fille♪♫♫
Si on comprend bien, quand il est là, elle n'est qu'une petite fille (donc vulnérable, dépendante etc).

♪♫♫Perdue, quand tu n'es plus là♪♫♫
Et quand il n'est plus là, elle est perdue (donc hébétée, bonne à rien etc)...
Quand donc trouve-elle le temps de distribuer des corrections?

♪♫♫Comme un garçon moi j'ai ma moto♪♫♫ La vente de moto serait-elle interdite aux filles???
♪♫♫Comme un garçon je fais du rodéo♪♫♫ Bien sûr, les garçons font tous du rodéo...
♪♫♫C'est la terreur à 200 à l'heure
Comme un garçon
Comme un garçon je n'ai peur de rien♪♫♫
Si elle n'a peur de rien, pourquoi se sent-elle perdue, à la fin de chaque refrain???

♪♫♫Comme un garçon moi j'ai des copains
Et dans la bande c'est moi qui commande
Comme un garçon♪♫♫
Si c'est elle qui commande dans la bande, elle devrait commander à son tchum aussi...

♪♫♫Pourtant je ne suis qu'une fille
Et quand je suis avec toi
Je n'suis qu'une petite fille
Tu fais ce que tu veux de moi♪♫♫
On voit l'effet infantilisant que provoque l'«amour». Perte d'autonomie, facultés affaiblies, complexe d'infériorité...

♪♫♫Comme un garçon j'ai les cheveux long
Comme un garçon je porte un blouson
Un médaillon, un gros ceinturon, comme un garçon
Comme un garçon toi tu n'est pas très attentionné
T'es décontracté, mais avec toi
Je ne suis plus jamais, comme un garçon♪♫♫

♪♫♫Je suis une petite fille
Tu fais ce que tu veux de moi
Je suis une toute petite fille
Et c'est beaucoup mieux comme ça♪♫♫
Beaucoup mieux comme ça? Pour qui? Sûrement pas pour elle, puisqu'il n'est pas attentionné.

♪♫♫Voi-là♪♫♫

Oui, «Voi-là»! C'était la notion toute française du dévergondage féminin.

En résumé, elle est «comme un garçon» mais reste tout de même féminine, du moins selon la notion toute française de la féminité : soumise, dépendante, infantile. Peu importe les contradictions provoquées dans la chanson.

Oui, je sais, cette chanson date de 1968. Mais l'esprit a-t-il vraiment changé en France??? (C'est un débat que je lance...)

Remarquons que cette chanson a été écrite par un homme (J.J. Debout et R. Dumas). En fait, deux. (Dire qu'ils s'y sont mis à deux pour composer ça!) Bien sûr, elle a été chantée par une femme. C'était probablement la petite amie d'un des compositeurs, et celui-ci faisait «♪♫♫ce que tu veux de moi. Voi-là♪♫♫»!!!

lundi 1 novembre 2004

Tous les garçons...

J’écoutais à la radio la chanson de Francoise Hardy «Tous les garcons et les filles de mon âge». Oui, quand je ne lis pas des livres quétaines, j'écoute des chansons quétaines. Mais je ne peux m’empêcher d’analyser... J’écoutais cette chanson quand j’étais ado et c’est écrit pour les ados. Mais tout de même!


1) «Tous les garçons et le filles de mon âge savent très bien ce qu’aimer veut dire»
Faux! : Premièrement, si la chanson a été si populaire, c’est que tous les garçons et les filles de cet âge se reconnaissaient en elle, donc ils étaient seuls et uniquement une petite minorité se trouvait en couple. Par ailleurs, peut-on prétendre qu’à cet âge, on sait très bien ce qu’aimer veut dire?

2) «Tous les garcons et le filles de mon âge font ensemble des projets d’avenir»
Non mais tu imagines, faire ensemble des projets d’avenir à 16 ans! Quelle excellente façon de se préparer des déceptions!!!

3) «Et les yeux dans les yeux, et la main dans la main, ils s’en vont, amoureux, sans peur du lendemain...»
Au contraire! Dès qu’une ado se pogne un tchum, plutôt que de vivre dans l’espoir de se pogner un tchum, elle vit dans la peur (pour contre-paraphraser le journal d'Anne Frank) de perdre son tchum...

4) «Oui mais moi, je vais seule, dans les rues...»
Quel bonheur! Aller seule, dans les rues, et décider soi-même de sa destination!

5) «Car personne ne m’aime»
HAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHAHHA!!! Oui, celle-là, elle se passe de commentaires!!!

Dans une prochaine chronique, j'analyserai «Agadou dou dou»!