samedi 13 décembre 2008

La Bécosse suprême!

Chacun connaît ma fascination pour les bécosses. En particulier, fascination teintée de crainte et de terreur superstitieuse, pour ces robots automatisés que sont les sanisettes !

Un jour, j'en ai vu une, avec la porte ouverte... Craintivement, j'ai pris une photo, mais sans trop oser m'approcher... (ici photo prise avec le zoom extra-puissant, en hyper haute définition) :

J'avais même un jour réussi à entr'apercevoir les mystères insondables de l'intérieur de la machinerie, grâce à un employé en habit d'astronaute qui s'activait à une besogne mystérieuse.

Depuis que je suis Parisienne à temps partiel, je m’étais jurée qu’un jour je surmonterais ma répulsion atavique envers cette machine (d’autant plus qu’entre-temps son accès était devenu gratuit!!!) pour faire bénéficier le Monde Entier (lire : les abonnés de mon blogue) d’un expérience inoubliable.

J’avais tout planifié à l’avance.

Il me fallait pouvoir faire face à toute éventualité, à toutes les horreurs qui pourraient arriver dans cette cabine infernale!

Il fallait prévoir l’équipement de secours : un cellulaire chargé pour pouvoir appeler à l’aide si je ne pouvais plus sortir, de la lecture pour tromper l’attente, un petit lunch au cas où j’aurais faim, à boire pour pouvoir survivre si les secours tardent à arriver, une lampe de poche pour envoyer des signaux lumineux, une couverture de surplus si les nuits deviennent fraîches…

Ne pas oublier non plus un imperméable jaune de marin au cas où le nettoyage automatique de la cabine se fait avant que je n’aie la chance de sortir.

Et bien sûr, il ne fallait pas que j’aille envie de pipi puisqu’il y avait toujours le risque que la porte ouvre intempestivement alors qu’on est en besogne…

Toujours est-il que je repoussais toujours le moment fatidique où j’explorerais les sombres recoins de la Bête.

Jusqu’au jour où…

Tonton et Tata (appellation contrôlée française, car, dans le langage québécois, Tonton est loin d’être un «toton» et Tata est loin d’être «tata» (voir ici dans la lettre «T»). Je disais donc que Tonton et Tata du Québec venaient me rendre visite. Au bout de 2 heures d’embouteillage, à partir des Champs Élysés jusqu’à la Porte Maillot, Tonton déclare, avec une flegme incroyable, qu’il a une petite envie et qu’il a vu, au carrefour précédent, une bécosse publique!

Notre conducteur, horrifié, appuie violemment sur le frein… «Quoi? tu ne vas pas aller dans… dans… » bégaya-t-il… (notre conducteur était Français). «Bah oui, pourquoi pas», répond notre héros, nonchalamment… Ceci dit, il profite de l’arrêt de la voiture pour sortir, en recommandant de l’attendre ici.

Quant à moi, revenue de ma stupeur, sur une impulsion soudaine, je prends une décision inattendue : «Attends-moi, je t’accompagne». Et, plantant là le reste de la compagnie, nous nous dirigeons de concert vers La Machine.

Le bouton est vert. La cabine est libre. Je suggère à Tonton d’y aller en premier, pendant que je veille au grain courageusement, dehors. Tonton, inconscient du danger auquel il s’expose, entre et referme la porte derrière lui.

Horreur! Le bouton reste «vert»! Ce qui signifie que si je n’étais pas allée avec lui pour monter la garde, tout Paris aurait pu ouvrir la porte et le «pogner les culottes baissées» comme on dit!

Mais enfin, j’étais là pour empêcher Paris Match de mettre en couverture la photo de Tonton dans une position gênante. À date, tout allait bien.

Bientôt, je vis Tonton sortir, frais comme une rose, sain et sauf. Enhardie par son succès, je me dis que le moment était venu de prouver à la Face du Monde (et de mes lecteurs) mon courage. Je recommandai à Tonton de m’attendre en montant la garde, et je m’apprêtais à entrer.

Mais j’avais oublié le Danger Suprême!!! Heureusement, Tonton me retint par la manche! J’avais oublié le Cycle Infernal! Dans ma hâte de prouver mon courage, j’avais négligé d’attendre qu'il referme la porte et que commence le Grand Nettoyage!

En effet, aussitôt la porte refermée (et moi en sécurité dehors), des bruits de déglutition se firent entendre. Les sons inquiétants de borborygmes, de gargouillements immondes, de jets menaçants, se poursuivirent ainsi pendant un temps qui me parut interminable! Glacée d’horreur rétrospective, je m’imaginais, pauvre chose ballotée par le giclement sans fin de produits chimiques, la peau rongée par la corrosion du Monsieur Net («Monsieur Propre» pour les Français), l’épouvante bloquant tous mes sens, incapable de réagir, condamnée à attendre la fin du Cycle Maléfique qui se poursuivrait aveuglément jusqu’à la Fin…

Mais enfin, j’étais en sécurité, et à la fin du cycle, quand Tonton m’ouvrit la porte à nouveau, il était trop tard pour reculer. Je devais boire le calice jusqu’à la lie (ce qui n’est qu’une façon de parler, rassurez-vous!). J’entrai donc dans le Saint des Saints…

Ce qui me permet aujourd’hui de vous transmettre le reportage de mon Exploration Extrême : voici les photos prises au péril de ma vie… Entrez avec moi... (musique dramatique)



Approchons-nous un peu du mystérieux écriteau juste au-dessus du bol de toilette :

Quelqu'un aurait-il vraiment envie de boire cette eau??? Ou même de se laver les mains avec???

Un autre écriteau inquiétant se trouve à l'intérieur, face au bol :

Brrrr ça fait froid dans le dos, malgré leur affirmation que les toilettes sont chauffées!

Et encore, un dernier avertissement :

Victimes de constipation s'abstenir...


N’empêche que sans ce concours de circonstances extraordinaire, sans le soutien moral de Tonton (merci Tonton), je ne sais pas si un jour j’aurais pu dire avec fierté : «J’AI SURVÉCU À LA SANISETTE!!!»

Tiens? Je crois que je vais me faire faire un T-shirt avec ce slogan…

mercredi 12 novembre 2008

CLIC!

«Bonjour (pause pour bien vous laisser le temps d'absorber la courtoisie), vous êtes bien chez Roger, Germaine, Gros-Jo (l'ado de la maison), Ti-Jo (qui est un bébé de 3 mois) ainsi que Peluche (qui est le chien de la maison) et Bibi (le poisson rouge). Nous sommes malheureusement absents pour le moment (on s'en serait pas douté!!!). Mais vous pouvez nous laisser un court message (si la yeule peut lui arrêter, qu'on le lui laisse, son message!!!) en mentionnant votre nom (pause significative), votre numéro de téléphone (pause pour reprendre son souffle), l'heure et la date de votre message (la date a le temps de changer pendant qu'on attend!) ainsi que la raison de votre appel (si ça se trouve à la fin du message on ne s'en souviendra plus). Il nous fera alors plaisir de vous rappeler (enfin, c'est à moi?) dès que possible (autre chose à ajouter???). Merci (j'ai failli ouvrir la bouche pour parler) et bonne journée (et là, je peux???).
Hi, you have reached Roger, Germaine, ...»

OH PIS D'LA MARDE, J'AI PAS QUE ÇA À FAIRE!
CLIC!

mercredi 5 novembre 2008

Le retour en mer!

Trois années que je n’avais pas navigué… Je me suis finalement laissée convaincre, par mon future boss en mal de chef, d’aller travailler sur un charmant petit navire de recherche.

JOUR 1

La mission commence par une réunion : les «clients» affectueusement surnommés «Planctons» par moi-même (un rappel nostalgique de mon époque sur le Pétrel V), ainsi que tout l’équipage font des mises au point de sécurité. Fort bien.

Quant à moi, la Machine m’attend ! Après la rencontre, je fais le tour de la salle des machines où le chef sortant (on se croirait en élections !) m’explique dans un français approximatif qu’il a «fait la propreté». Finalement rien à voir avec les élections…

Directement arrivée de France, encore sur le décalage horaire, le lendemain je me réveille à 04h. Nous sommes toujours à quai, sur le courant de terre, donc pas un son sur le navire. Discrètement, toute la nuit j’ai évité le «flushage» de ma bécosse pour ne pas réveiller mes voisins de cabine.

Mais là, trop c’est trop. Je pèse sur le piton.

Rien.

Ah m…

Bon, je vais voir sur la bécosse commune. Même chose. Oh oh, le problème est généralisé. Cherchons les pompes d’eau sanitaire, vite, avant que les Planctons ne se réveillent. La veille, lors de la visite de la salle des machines, je me suis familiarisée avec les choses nobles : les moteurs principaux, les génératrices, l’équipement d’urgence, l’appareil à gouverner, etc.

Je trouve les pompes d’eau potable mais pas de sanitaires. Rien à proximité, j’ai beau tourner en rond dans la salle des machines, je ne trouve pas. Ailleurs, à l'autre bout du navire, dans le creux où se trouvent les machines à laver, il y a une petite écoutille indiquée «sewage».

En désespoir de cause, je vais voir. Dès l’ouverture de l’écoutille, un fumet me confirme mon intuition. Je prends mon courage à deux mains et je descends. Il s’agit d’une grande salle avec des pompes (tiens, tiens) et des réservoirs dont l’utilité se devine à vue de nez.

Problème localisé, mais loin d’être solutionné : Les pompes qui envoient de l’eau dans les bécosses fonctionnent bien mais LA pompe (LA pompe, car il n’y en a qu’une) permettant de créer le vide qui aspire le contenu des bécosses ne fonctionne plus.

Il s’agit d’un problème de moteur électrique : nous devrons le faire rebobiner.

Chance, le boss est encore à bord. Dès que tout le monde se réveille, c’est le branle-bas de combat : appel à un centre de dépannage électrique, qui viendra chercher le moteur. MAIS, pour retirer le moteur, il faut aussi retirer la pompe. Le robinet d’isolation de la pompe étant soudé dans la rouille en position ouverte, nous devons vider le réservoir d’eau usées (la tank à marde pour les intimes).

Pas question de pomper ça dehors, encore moins dans le port de Québec, ce serait un peu mal vu, surtout pour le 400e anniversaire ! Appel à un centre de pompage d’eaux usées, qui nous envoie un camion citerne. Et pendant ce temps, les besoins se font pressants. Nouvel appel à un centre de location de bécosses chimiques qui viendra livrer deux belles bécosses en plastique bleu sur le quai à côté du navire.

Avec nos deux bécosses chimiques sur le quai, on se croirait sur les plaines d’Abraham le jour de la Saint-Jean Baptiste!

Une envie de pipi en pleine nuit ? Il suffit de galoper dans les corridors, se retrouver sur le pont, monter au pont supérieur où se trouve le gangway, descendre le gangway à la Tarzan parce que la marée est haute et le gangway presque à la verticale…

Enfin, la pompe des bécosse arrive, est installée et la vie reprend son cours normal. Les Planctons finissent leur préparation, et nous partons à l’Aventure!!!

Jour 8 : La marde repogne!!!

Nous sommes en mer, à tourner en rond doucement dans la baie des Chaleurs pendant le repos des Planctons quand, juste avant mon quart de minuit, je m’aperçois que la pompe a encore sauté. Rapide concertation avec le capitaine, puis on se rend à Chandler. Nous sommes au quai à 03h.

Nous connaissons la routine : le camion-suceur pour vider le réservoir, les bécosses chimiques pour… bin, pour ça, oui, et une entreprise de rebobinage de moteur électrique. Le boss, alerté, vient en personne chercher la pompe pour aller la porter à qui de droit. On n’est jamais trop prudent. Et la faire bobiner en 600V et non en 440V, ça aiderait peut-être…

Vers 09h tout est en place, les bécosses chimiques, arrivées de Gaspé, sont en place sur le pont et bien attachées. On retourne en mer. Tous les gags et jeux de mots utilisés pendant la journée 1 recommencent. On ne s’en lasse pas.

Quand on croise un membre d’équipage avec son manteau sur le dos, on ne lui demande plus «Tu as froid?» mais bien «Tu vas aux bécosses ?»

On retourne le surlendemain à Chandler, il manque encore un morceau à l’équipement des Planctons. On en profitera pour ramasser notre pompe dont le moteur a été rebobiné correctement, paraît-il. Le boss en personne (encore lui) est allé le chercher à l’autobus de Rimouski et nous l’amènera en auto, bravant la tempête de neige.

Aussitôt arrivé, à 02h, on se met au boulot (applaudissons en passant le boss et le capitaine, qui ont mis la main à la pâte, si je peux m'exprimer ainsi) et enfin, les bécosses fonctionnent et pour de bon !

La mission est presque terminée. Plan de match : les recherches étant terminées pour cause de mauvais temps, on rentre. Les Planctons sont des moumounnes. Deux ou trois vagues et hop, c'est terminé...


video


Direction Gaspé pour disposer des toilettes chimiques en passant, puis Québec, notre terminus.

À notre arrivée, les deux bécosses chimiques, souvenir dérisoire de nos déboires passés, sont encore là sur le quai… Personne n’a eu le temps d’aller les ramasser. À moins que, notre réputation nous précédant, les administrateurs du port de Québec aient prévu le coup : «Alerte, les gars ! C'est encore eux ! Sortez les bécosses chimiques !»

mardi 4 novembre 2008

La maudite newsletter!!!

Ça fait deux compagnies de newsletters que j'essaie, l'une ne fonctionne qu'une fois sur deux (et justement quand j'ai un article, c'est la fois où elle ne fonctionne pas) et l'autre m'a bannie comme si je faisais du spam...
D'ailleurs j'ai rien compris à leurs instructions...
Quelqu'un pourrait me suggérer un autre truc???

Quand est-ce que blogger va se décider à fournir une newsletter???

AJOUT : j'ai supprimé la seconde, qui m'avait débannie, car je me suis aperçue qu'elle demandait aux gens de s'inscrire. Désolée pour mes abonnés! On trouvera autre chose.

ANNEXE À L'AJOUT : bin non, on dirait que ça marche... Les gens n'ont pas besoin de s'inscrire, juste de confirmer leur inscription en cliquant sur le lien. L'avis de nouveaux articles viendra tout seul. Une chance que je n'ai rien supprimé! Je remets donc le feedmachintruc. En fait, vous recevrez un courriel avec le lien vers le dernier article. C'est un bon compromis. En attendant. Pffft.

lundi 29 septembre 2008

Élections au Canada

Le 14 octobre, il y a des élections au Canada. L'ennui, c'est que je ne serai pas là le 14 octobre. Par contre, on peut toujours voter n'importe où au Canada par anticipation, à des dates prédéterminées. L'ennui, c'est que je ne serai pas au Canada à ces dates prédéterminées...

Ni une ni deux, j'appelle Élections Canada où, après être passée par les mailles du filets du «pour le service en français, faites le...», etc. Bref, après un filtrage de 10 minutes, un gentil monsieur me répond.

Il me donne le numéro de téléphone du directeur de scrutin de ma circonscription, qui s'appelle «Haute-Gaspésie–La Mitis–Matane–Matapédia» (pas le monsieur mais la circonscription). Un nom que même Bernard Derome risque de prononcer en bégayant.

Les bureaux du directeur de scrutin sont fermés. Nous sommes au début de septembre, trop tôt avant les élections. Je ne réussis à les joindre que la veille de mon départ pour la France, alors que je me suis rapprochée de l'aéroport. On me dit que je pourrai voter par bulletin de vote spécial, dont on pourra m'envoyer le «kit» à la maison. Mais puisque je ne suis plus à la maison, la solution semble être d'aller commander mon «kit» de vote à l'ambassade du QuébCanada à Paris. Non, pas moyen de commander par téléphone pour me sauver une étape.

Chic! Depuis le temps que je voulais avoir une excuse pour aller à l'ambassade du QuébCanada à Paris...


Je m'imaginais un petit coin de chez moi, un îlot de mon pays, perdu dans une mer parisienne, où le soir, derrière les volets, se tenaient des bals où des sept-carrés endiablés se dansaient sur des planchers de bois équarris à la hache par ces coureurs des bois qui ont bâti à la sueur de leurs dessous de bras cette contrée sauvage et altière...

Quand enfin j'ai poussé la porte de cet établissement mystérieux, des Français en uniforme m'attendaient. J'ai été illico dépouillée de mon appareil photo ainsi que de mon cellulaire. Mon sac à dos fut saisi pour être placé dans une machine de type aéroport, où les rayons X ont dévoilé un enchevêtrement de fils suspects (le chargeur de mon cellulaire, celui des piles de mon appareil photo, et tout ça au travers de quelques bobettes de rechange puisque sur ma lancée, j'allais passer quelques jours à la campagne).

Mon sac à dos fut confisqué. Les cerbères héroïques prenaient le risque de sauter avec la bombe qu'il devait certainement contenir, pour sauver la Noble Institution qu'ils avaient la charge de protéger au péril de leur vie.

Je leur laissais donc mon sac à dos (j'espère que les bobettes que j'y avais mises n'étaient pas trop trouées...) pour m'engouffrer dans le corridor désigné, celui des services consulaires. Les gigues et les sept-carrés devaient certainement se danser dans une autre salle, car celle où j'aboutis me semblait aussi lugubre qu'une cathédrale. À droite, une salle de classe où des étrangers consciencieux étudiaient en silence la chartre des droits de l'Homme, la Constitution et le «God save the queen». À gauche, un guichet, quelques chaises et un rouleau de numéros.

Je prends un numéro et je m'assieds. Puisqu'il n'y a personne d'autre, la dame du guichet appelle mon numéro (elle ne connaît pas mon nom, c'est pratique, ce numéro). Je lui explique mon cas, en faisant bien attention pour être très polie. Je ne voudrais pas faire face à une employée consulaire comme celle que Benoit a affrontée dans un épisode de Rumeurs (celui où il est coincé en Amérique du sud sans papiers, sans argent et où il veut rentrer revoir son Esther)...

Mais non, malgré la ressemblance physique avec l'agente consulaire de Benoit, celle qui me fait face est très aimable et «bin d'adon». Je lui mentionne que je dois voter dans la circonscription de Matane-La-Mitis-Matapédia-Haute-Gaspésie (ou inversement). Elle me donne un formulaire qui me permettra de commander le «kit» de vote. Je m'installe sur ma chaise et je remplis le formulaire. J'y joint une photocopie de mon passeport, qu'elle me fait gracieusement, elle vérifie, tout semble bon, et elle me propose de l'envoyer par valise diplomatique à Ottawa. Je suis impressionnée!!! Même pas besoin de timbre!

Donc ma demande de «kit» de vote traverse l'océan (en valise diplomatique, permettez-moi de me gargariser de nouveau de ces mots onctueux).

Dès réception à Ottawa, mon «kit» de vote est préparé, et doit retraverser l'océan pour arriver à mon domicile d'adoption en terre française.

Effectivement, au bout d'une semaine, je reçois le «kit» de vote. Il contient : un bulletin de vote, une enveloppe intérieure, une enveloppe extérieure, une enveloppe de retour et un livret d'instructions. Le tout dans l'enveloppe postale dans laquelle j'ai reçu mon «kit», naturellement.


Je lis soigneusement les instructions :


D'abord, remplir le bulletin de vote. Pas de X à faire, mais il s'agit de trouver le nom de la personne pour qui je veux voter et ne pas me tromper dans l'orthographe sous peine de voir mon bulletin rejeté. Les instructions ne mentionnent pas s'il faut de l'encre bleue, noire ou un crayon à mine. J'opte pour l'encre bleue.

(Vous n'alliez quand même pas penser que j'allais vous montrer mon vote secret???)

Deuxième étape : je dépose mon bulletin de vote dans l'enveloppe intérieure, qui est anonyme et confidentielle. Bien cacheter. Cette enveloppe ne sera ouverte que lors du dépouillement du scrutin, le 14 au soir.


3e étape : je dépose l'enveloppe intérieure dans l'enveloppe extérieure. Celle-ci est bien identifiée à mon nom, avec en plus un code à barre qui me correspond personnellement, pour bien m'identifier, de sorte que je ne puisse plus voter ni par anticipation, ni le jour des élections. J'ai presque envie d'aller à l'Intermarché pour voir ce que lira la machine des codes à barre...

Cette enveloppe porte aussi le nom de ma circonscription, Haute-Matane-Mitis-La Gaspésie-Matapédia. Elle est destinée à être envoyée au directeur du scrutin, par valise diplomatique pour économiser un timbre, et à être ouverte pour pouvoir jeter mon enveloppe anonyme parmi les autres enveloppes anonymes et assurer ainsi la confidentialité de mon vote dans cette élection démocratique qui fait la fierté de notre pays de gigues et de sept-carrés.

Je cachette, je signe et je date l'enveloppe extérieure.

Je mets ensuite l'enveloppe contenant l'enveloppe contenant mon bulletin de vote dans une enveloppe.


Après avoir remonté dans le bon ordre ces poupées russes de papier, je dois mettre un timbre (puisque je n'ai pas de valise diplomatique) et espérer que le bulletin dûment rempli traverse l'océan une 3e fois pour se rende à temps pour les élections du 14 octobre... Pour en être sûre, j'envoie avec accusé de réception, qui me parviendra en traversant l'océan pour la 4e fois. Un mois de préparation n'est pas de trop pour faire ces 20 000 km, soit presque le tour de la terre, pour effectuer avec fierté mon devoir de citoyenne!

vendredi 20 juin 2008

Vive les Grands Espaces!

Les Québec est célèbre pour ses Grands Espaces, si prisés par les touristes.
Justement, nous allons aux baleines, à Tadoussac! Et justement, je trimbale avec moi un Touriste.

Même si le chemin le plus court passe par ici :
(Selon Google Maps 133 km, 2h 41m)


Nous avons tout de même opté pour un chemin plus typique, par la Côte Nord. Nous avons donc réservé (3 jours à l'avance) la traversée de 15h45, Rimouski-Forestville.
(154 km, 3h 28m)


Nous avions prévu une arrivée vers 19h à l'hôtel...

MAIS!

Car il y a un MAIS (en majuscules, en plus...)!

En raison d'un petit coup de vent à Rimouski, on nous annonce, alors que nous faisions la queue depuis 30 minutes (il faut arriver 45 minutes à l'avance sinon on perd notre réservation ainsi que 20% du prix de la traversée), que la traversée est ANNULÉE!!!

Ah bin là!!! On fait quoi, nous? «Prenez le bateau de demain» nous suggère aimablement la préposée... Bin oui, et perdre notre réservation d'hôtel???

Il est 15h30. Nous nous précipitons vers Trois-Pistoles (voir la première carte, en haut de la page), à 60km. Le dernier bateau partait à 14h. Zut.

Il est 16h15. Nous nous précipitions à Rivière-du-Loup, 40 km plus loin.


Le dernier bateau partait à 16h. Re-Zut.
Il est 16h45.

Bin cou donc, pas le choix, faut faire le Grand Tour via Québec... Et sous la pluie battante, en plus!
Attention, ici on change d'échelle!

Résultat : 532 km, 6h 57m de route.

Un petit détout de 400 km...
Arrivés à 22h30 à Baie Sainte-Catherine, où le traversier qui remplace la route ne passait qu'à 23h... (6,6 km, 29 minutes).


Non, il n'y a pas de route qui traverse le Saguenay, à moins de vouloir monter jusqu'à Chicoutimi!

Pour un détour supplémentaire de 272 km d'une durée de 3h 52m de plus...

Bin non, heureusement, on a eu de la chance sur ce coup-là, le traversier de Baie Sainte-Catherine fonctionnait!!!

Donc après un voyage sans histoire (mais pourquoi je vous raconte tout ça, moi???), nous sommes arrivés à l'hôtel à 23h30...

lundi 16 juin 2008

Québec a encore changé!

La ville de Québec a changé de visage depuis ma dernière visite...

Louis XIV aussi. Il a perdu les flocons de neige qui s'étaient introduits dans ses narines et qui lui donnaient l'air d'avoir des crottes de nez blanches.


Il a retrouvé sa noblesse, son socle n'est plus enterré sous 2 mètres de neige (quoique maintenant il est enterré sous un essaim de mômes qui ne respectent donc rien!!!)


Les escaliers ont changé un peu d'air...

AVANT et.......................................APRÈS


J'ai fait une découverte! Paris a son Point Zéro des routes de France :


Et bien Québec a son Kilomètre Zéro lui aussi!!! (Zut je ne me souviens plus à quel endroit il se trouve...)



Québec a aussi ses super-crétins qui viennent y poser le pied pour se le prendre en photo...

Quelques bancs de neige ont un peu fondu...

AVANT et.......................................APRÈS


Le lapin de la rue du Petit-Champlain n'a plus la goutte au nez, ni aux pattes...



La ville de Québec se prépare aussi pour son 400e anniversaire!
Ils ont installé des belles bécosses! Pas les petites bécosses de plastoque bleu qu'on dirait des bacs de recyclage pis qui puent!


Non, de belles bécosses en aluminium, hi-tech!


Et que dire de ces «latrines»!!!

Euuuh non, celles là sont les latrines découvertes dans les fouilles archéologiques sous la Terrasse Dufferin...


Notre société est en constante évolution!!! Ces dernières images montrent bien le paradigme temporel issu de l'adaptation de l'environnement à l'Homme, hégémonie de l'Univers!

dimanche 25 mai 2008

Céliiiiine!

Hier je suis allée voir Céliiiine. Au Palais Omni Sports de Bercy. À Paris. Je précise pour ceux qui, comme moi, viennent de la campagne profonde des colonies et qui ne savent pas nécéssairement le nom des salles de spectacle locales. Il s'agit, en l'occurence, de celle avec les pelouses à 45° qui suscitent plus d'une question sur le genre de tondeuses à gazon utilisées. Mais pour l'instant, tout le monde ne pensait qu'à Céliiiine!

Il y avait foule. Les Français sont fous de Céliiiine.

Ah, nous étions super bien placés!!! Au 6e rang devant la scène! Hiiiii. Comme disent les fans hystériques.


Quand elle est apparue sur scène, je me suis dit :
«Tiens, elle s'est fait couper les cheveux? Et quel habillement sobre! Ça change un peu de ses tenues habituelles!»


Mais non, il s'agissait du gars qui faisait la première partie du spectacle, un imitateur local (de grand talent, je dois dire), Michael Gregorio, en train de chanter une chanson de Céliiiine, avec la voix de Céliiiiine! À s'y méprendre. Sauf pour la robe.

Oui, nous étions super bien placés. Que je croyais.
Car au début j'ai eu peur que le spectacle entier ne se résume à ceci :


Ou ceci :

(Quand je vous disais que les Français sont fous de Céline)

Finalement, je me suis servie des oreilles du gars d'en avant (voir photo 2, 3 et 4 ) pour me cacher du projecteur, et en me plaçant judicieusement, j'avais Céliiiine sous l'oreille du gars en question (je n'ai pas demandé son nom sinon je l'aurais remercié publiquement ici), ce qui me permettait de voir un peu mieux.

À défaut, je me cassais le cou pour regarder sur l'écran géant, en haut de la scène... Touuuut en haut...

video
(si le vidéo ne fonctionne pas, allez voir ici)

À la fin du spectacle, tout le monde est sorti du palais omnisport enchanté, sans une pensée pour le pauvre gars qui tond le gazon sur les parois à 45° du palais omnisport...

lundi 24 mars 2008

Aventure pascale

En cette fin de semaine de Pâques, je reçois Petite Visiteuse, que je n'ai pas vue depuis 3 ans. Tout est prévu : elle prend l'autobus de Gaspé à 06h du matin et je la récupère à Mont-Joli à 12h30.

Mont-Joli est à quelque 30 km de chez moi. Aucun problème. Le Jour J arrive. Bon, il neige un peu. Oui, le site de Environnement Canada a sorti sa bannière rouge pour avertir qu'il y aura «AVERTISSEMENT DE NEIGE ABONDANTE, AVERTISSEMENT DE POUDRERIE». Mais bon, on n'est pas des moumounnes, on va foncer, se serrer les dents, se fermer les yeux et passer au travers.

Il suffit d'être méthodique.

Première étape : pelleter mon balcon pour sortir de chez moi.


Deuxième étape : appeler Monsieur Souffleuse pour qu'il vienne déneiger mon entrée.


Troisième étape : déneiger mon char.


4e étape : mettre la pelle dans le char.

Enfin, pas comme ça. Par la portière.

Bref, ainsi fut fait. J'ai bien eu un peu de misère à me rendre, j'ai dû m'arrêter 3 ou 4 fois en cours de route pour déglacer mes essuie-glaces, j'ai parcouru des tronçons de route en me guidant sur les poteaux de téléphone pour savoir où était la route, mais dans l'ensemble, ça a relativement bien été. À 30 km/heure.
Je suis arrivée un peu en avance malgré tout, j'ai été faire un petit marché, puis j'ai cueilli Petite Visiteuse. Notre belle fin de semaine pouvait commencer!!!

Au retour, les conditions se sont encore empirées. La visibilité est descendue à une distance de un poteau de téléphone. Il suffit de viser le premier poteau de téléphone, dès qu'on l'a passé on peut déjà apercevoir celui qui est juste derrière.

Et mes essuie-glaces avec leur couic-couic infernal!
video

À l'entrée du village de Saint-Tataouin d'En Arrière (le village avant le mien), j'ai croisé un char qui venait en sens inverse, mais du mauvais côté de la route. Non mais! Heureusement que j'étais moi aussi du mauvais côté de la route, sinon nous aurions assisté à une collision frontale à 5 km/h! Enfin, je me suis dit que je devrais me trouver un endroit dégagé pour stationner et attendre un peu.

J'ai trouvé un garage dont la cour était à peu près libre, le vent ayant poussé toute la neige dans un coin. C'était le garage de la dernière chance!

Madame Garage vient aux nouvelles. Je vais au village de Piton-d'en-Haut-Perdu-par-dedans-les-Terres??? Non mais ça va pas ma bonne dame? La route d'en haut est totalement bloquée!

Euh? Bon, je fais quoi? Non, je ne connais personne au village ici...

Allez! Madame Garage nous invite chez elle, c'est pas loin. Nous nous y rendons de pied ferme.
video

Nous attendons des nouvelles de la route. La tempête empire. Même les motoneiges ne passent plus. Madame Garage nous invite à souper. Le tempête continue, la visibilité est nulle. Madame Garage nous invite à coucher. Le lendemain, la tempête s'est un peu calmée, mais les routes sont toujours fermées. Madame Garage nous invite à pelleter.


Grâce à cette aventure, j'ai résolu un mystère : je peux confirmer que «Yvan des frites», mythique personnage du village de Saint-Tataouin d'En Arrière existe, et que son prénom est bien «Yvan»! Oui, j'ai rencontré le célèbre Yvan des frites!!! Ce n'est point une légende moderne!!!


Finalement, après le dîner le samedi, nous apprenons que la route vers mon village est libre!!! Vite, avant que la route ne se referme derrière la souffleuse, nous abrégeons notre partie de Scrabble, remerciements chaleureux à Madame Garage, et nous partons!

Oui, ça passe!

Voilà tout ce qui reste du bureau de poste du village de Piton-d'en-Haut-Perdu-par-dedans-les-Terres.


Mon rang est à 3 km du village.

Évidemment, faut pas rêver, ce rang n'est pas praticable. Nous laissons le char chez un voisin dont la cour semble déblayée et, munies de nos sacs d'épicerie, la pelle à l'épaule, nous entamâmes le rang. Un petit kilomètre... Oui, il semble y avoir 80 cm de neige, mais petit train va loin!

En fait, petit train ne serait pas allé loin du tout! Aimable Voisin du Coin nous a vues et nous héla «Hé, ho! Attendez, je vais aller vous reconduire!»

Nous reconduire??? Comment il pourrait faire ça??? Petite Visiteuse et moi nous regardons, sceptiques... Nous entendons un bruit de moteur de tracteur de derrière le banc de neige, puis nous voyons l'Engin sortir de la cour, avec Aimable Voisin du Coin au volant!

Bin dis donc!!! Avec ça, on est à cheval!!! Nous nous entassons avec armes et bagages dans la cabine et nous fonçons!


Au bout d'un moment, malgré les grandes roues de 1,5 mètre, ça ne passe plus. Il faut changer de côté et continuer à reculons avec la souffleuse en action!


C'est vraiment là que je me suis rendue compte de ma naïveté... Euh, faire un kilomètre dans cette épaisseur de neige???
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Au bout de 20 minutes, me voici enfin chez moi!
Remerciements chaleureux à Aimable Voisin du Coin!!!

Toutou et Pitou sont là, comme un seul homme, attendant avec impatience mon retour (la gamelle était vide...).


Il ne me reste plus qu'à pelleter pour atteindre la porte! Maison sucrée maison!!!


Je pense que je vais laisser tomber la cueillette de l'eau de Pâques cette année...


Après la neige le beau temps, tout redevient normal, la routine habituelle peut continuer...