jeudi 17 février 2022

Renversons la vapeur

 

12e chronique de l'influenceuse

(La revanche des tu-seuls)

 

N’oublions pas que mon créneau d’influenceuse est la solitude. Alors pour tous mes gentils détracteurs qui se sentent obligés de défendre leur position de couple, de sociétaires, de grégaires, il me fait plaisir de recevoir vos doléances et vos arguments pitoyables. Pour une fois, vous vous trouvez dans la situation habituelle des solitaires, qui se sentent attaqués dans leur identité, incompris, et qui finissent par adopter, de guerre lasse, le point de vue de la majorité qui leur matraque sans arrêt combien ils sont malheureux… Ou s’ils sont heureux, c’est qu’ils font semblant.

 

Car tout converge de façon à ce qu’on se sente triste lorsqu’on est seul. Je parle d’être seul en général. À force de se faire marteler (que ce soit par les chansons à la radio, par les comédies romantiques qui «finissent bien», ou par notre entourage «bienveillant») qu’on doit éviter la solitude à tout prix, une angoisse se forme dès qu’on se retrouve seul. Par la contagion de la phobie collective, on se sent obligé de se sentir misérable.

 

Virons ça à l’envers. Dans un monde d’ermites, un petit troupeau de grégaires existe. Ils se font naturellement harceler :

 

Il y a les gens qui ne comprennent pas le choix (si c'est bien un choix) de ce troupeau :

  • Tu dois en avoir marre d’être toujours entouré?
  • À la longue, ça doit peser, se sentir toujours observé?
  • Mais comment peux-tu accepter de faire des… compromis? (ce dernier mot à prononcer sur un ton dégoûté)

 

Ils se font déclarer, d’un air sentencieux :

  • Il ne faut pas confondre le «fun» avec le bonheur…

 

Pour donner de l’espoir à ces pauvres grégaires :

  • Ne t’en fais pas, un jour ton conjoint va bien finir par décoller…

 

Et, pour inciter ces personnes à se conformer à la norme :

  • Pense à tous ces êtres dont l’absence te réjouirait!

 

Mais on vit en société. Je suis du mauvais côté de la barrière…



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