Je suis dans la galerie marchande du Louvre, là où il y a la pyramide inversée sous laquelle, chacun le sait grâce à Dan Brown, est enterré le trésor des templiers, le saint-graal, et autre sang de criss. Peut-être même les oreilles de criss!!!
Mais se promener dans le Louvre n'empêche pas les vils tourments intestinaux de se faire sentir.
Bref, je ressens une irrépressible envie de visiter des bécosses. Je suis les indications affichées, pleine d'espoir. J'arrive enfin dans une encoignure toute de marbre clair, entre la boutique Lalique et la Maison du Chocolat. Je m'y engouffre, derrière une famille de quatre touristes. La queue mène à une dame en costume Chanel, qui réclame 1,5 euros par personne. Une facture de 6 euros pour le troupeau de touristes devant moi. Ceux-ci, imperturbables, ne bronchent pas et paient, même si l'un d'entre eux marmonne «Aoh! Must be very nice inside!». Eeeeeh non! Ils ne font pas de prix de groupe, ni de réduction pour les moins de 6 ans ou les personnes âgées...
À moi. 1,5 euros. Heureusement, j'ai un mécène qui m'a généreusement payé la traite.
Maintenant, il s'agit de voir si j'en ai pour mon argent!
Après avoir empoché ma poignée de centimes, la dame-urine (trop élégante pour passer pour une «madame-pipi») s'intéresse maintenant à un autre pigeon et me laisse entre les mains de l'hôte de ces lieux. Celui-ci, obséquieux, me guide au travers d'un labyrinthe en noir et doré vers les cabines des dames.
Enfin, je peux me précipiter vers la porte la plus proche pour... eh bien pour.
Mais un jeune éphèbe en nœud papillon, en train d'essuyer un miroir pour passer le temps entre deux clientes, me reçoit avec un «bonjour madame, par ici madame» et me désigne ma cabine particulière, en m'ouvrant la porte. Je me demande fugacement s'il va entrer avec moi pour me torcher.
Mais non, je suis enfin libre de laisser aller mes plus vils soucis en paix, dans une cabine première classe. Bon, j'avoue que j'en ai pour mon argent, surtout que c'est pour la grosse commission. Je crois avoir compris pourquoi on appelle ça «être sur le trône»...
Peut-être aurais-je dû laisser un pourboire à chacun des intervenants?
Ou plutôt demander un reçu pour fin d'impôt pour ma déduction pour investissement culturel...
La prochaine fois, je vais télécharger charger sur mon I-phone l'application «où sont les toilettes» (plus de 60000 toilettes publiques répertoriées dans le monde...)!
mardi 26 juillet 2011
samedi 28 mai 2011
Je surveille un examen
Ah, la période des examens!!! Période stressante pour l'élève mais relaxante pour le prof!
Notre préparation pour l'examen (après avoir composé, photocopié et fait le solutionnaire de cet examen, bien sûr!) consiste à nous trouver des activités solitaires et silencieuses pour soutenir un siège d'une durée de quatre heures.
A-t-on des corrections à faire? C'est le moment... Sinon, on s'apporte de la lecture. En cas de fringale, on amène quelques provisions (qui se mâchent sans faire de bruit, donc les chips sont à proscrire...). Grâce à la nouvelle technologie, on peut jouer aux cartes sur l'écran de notre iphone. Si on a un signal internet, on peut aussi envoyer des courriels, en recevoir, envoyer des photos de la salle d'examen...

Parfois on a un beau local...

Parfois non...
Si nous sommes le seul prof en surveillance, comme dans le cas des petits groupes, on nous assigne un «surveillant volant», qui a pour tâche de faire le tour des locaux où le prof est tout seul pour lui permettre de prendre une pause, d'aller se chercher un café, de faire pipi, se trouver un autre livre car sa lecture est terminée et toutes ces sortes de choses qu'on fait quand on est libre.
La surveillance volante (ou, plus simplement, la volance) donne lieu à des échanges pour le moins bizarres pour ceux qui sont hors contexte :
- Qui c'est qui me vole, cet après-midi?
- C'est moi, vers quelle heure tu veux que je te vole?
- Eh tu as oublié de me voler hier!
Mais la plupart de ces examens se font en groupe. Il peut y avoir 5 ou 6 groupes différents dans un même local. Dans ce cas nous sommes donc plusieurs profs à effectuer la surveillance, qui consiste surtout à répondre aux questions des élèves qui trouvent que nos questions d'examen ne sont pas claires, alors que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et que les mots pour le dire viennent aisément. Et que tant va la cruche à l'eau qu'on ne regarde pas le bouchon qui n'amasse pas mousse qui roule.
Mais lorsque nous sommes plusieurs profs, nous devons résister à l'envie de jaser entre nous et de ricaner trop fort. Les seuls bruits qui doivent se faire entendre sont les feuilles qui bruissent (les feuilles d'examen, pas celles des arbres), les crayons manipulés et les scritch scritch des aiguisoirs (taille-crayons pour les Français!). Non, on n'entend pas de mouches voler pour la bonne raison qu'en mai les mouches sont encore gelées. Et en avril ne te découvre pas d'un fil.
Mais c'est bien beau jouer aux cartes sur notre iphone, il faut rester attentif aux signes de détresse de nos petits. Je passe dans les allées, j'ai l'impression de faire mon marché (faire l'épicerie pour les Français, à moins que ce ne soit l'inverse?).
Une main levée à l'autre bout de la salle! Je jette un coup d’œil à l'autre prof pour savoir s'il s'agit d'un de ses petits ou un des miens (je suis un peu myope...). Non, c'est bien un des miens. Il veut savoir s'il peut écrire ses réponses à la mine (au plomb pour les Français, à moins que ce ne soit l'inverse?). Je lui réponds que je m'en fous. Il est content. On m'accroche au passage : il veut une feuille supplémentaire. Je lui en donne. Il est content aussi. Une autre main levée : «Je peux-tu aller aux bécosses?» Mais oui, vas-y, mon ti-loup. Lui aussi est content. Je fais des heureux, c'est très gratifiant.
Plus rien. Pour passer le temps, je fais des statistiques : sur environ 85 élèves, je compte 15 casquettes (dont 2 seulement portées la palette vers l'arrière, ce qui prouve que c'est passé de mode), 2 tuques de laine (ce qui prouve qu'en mai non plus ne te découvre pas le coco) et 1 seul capuchon relevé (yo man). Je n'ai pas pu compter le nombre de culottes pendantes au califourchon aux genoux puisque tout le monde est assis.
Après l'examen, la correction. Nous étions trois profs à donner la même matière. Nous avons donc décidé de faire un examen commun. Une belle entreprise intergénérationnelle. Expliquons d'abord que l'un d'entre nous m'a déjà enseigné, et que j'ai déjà enseigné à un autre prof du département, qui, lui, a déjà enseigné au troisième d'entre nous. Quatre générations de profs, donc! Nous nous étions partagé la tâche : notre aîné allait composer l'examen, moi j'allais écrire le solutionnaire, et nous voulions laisser à notre benjamin la tâche de corriger les 60 copies.
Mais bon, on a eu pitié et nous avons décidé, à la place, de faire un party de correction. L'avantage du party de correction, c'est que, dans un souci de justice, nous pouvons nous consulter mutuellement sur le nombre de points retirés pour tel ou tel type d'erreur. Bien sûr, le solutionnaire donne les grandes lignes de la correction, mais les élèves sont une source inépuisable de types d'erreurs nouvelles auxquelles, malgré notre expérience, nous n'aurions pu penser.
En plus du souci de justice, ça nous donne aussi l'occasion de nous échanger des perles et des motsd'enfant d'étudiant impayables! «Ouahhahaahahah! regarde, il a marqué "volupté" au lieu de "volute" dans son dessin de trubosoufflante!!!», «HAHAHAH! Regarde comment il a écrit "vacuum" : "vacuhom"», sans compter les "moteurs à trois temps" (HOUHOUHOUHAHAHA) et les lapalissades telles que le moteur réversible comme moyen de renversement de marche d'un moteur diésel!
Bref, des heures de plaisir! On envoie le petit nouveau au Tim Horton en face pour aller nous chercher des beignes et du café et avec tout ça, on ne voit pas le temps passer. En l'espace d'un après midi, toutes nos corrections sont faites, la justice règne, ainsi que la bonne humeur.
Quel merveilleux métier que le mien!
Notre préparation pour l'examen (après avoir composé, photocopié et fait le solutionnaire de cet examen, bien sûr!) consiste à nous trouver des activités solitaires et silencieuses pour soutenir un siège d'une durée de quatre heures.
A-t-on des corrections à faire? C'est le moment... Sinon, on s'apporte de la lecture. En cas de fringale, on amène quelques provisions (qui se mâchent sans faire de bruit, donc les chips sont à proscrire...). Grâce à la nouvelle technologie, on peut jouer aux cartes sur l'écran de notre iphone. Si on a un signal internet, on peut aussi envoyer des courriels, en recevoir, envoyer des photos de la salle d'examen...
Parfois on a un beau local...
Parfois non...
Si nous sommes le seul prof en surveillance, comme dans le cas des petits groupes, on nous assigne un «surveillant volant», qui a pour tâche de faire le tour des locaux où le prof est tout seul pour lui permettre de prendre une pause, d'aller se chercher un café, de faire pipi, se trouver un autre livre car sa lecture est terminée et toutes ces sortes de choses qu'on fait quand on est libre.
La surveillance volante (ou, plus simplement, la volance) donne lieu à des échanges pour le moins bizarres pour ceux qui sont hors contexte :
- Qui c'est qui me vole, cet après-midi?
- C'est moi, vers quelle heure tu veux que je te vole?
- Eh tu as oublié de me voler hier!
Mais la plupart de ces examens se font en groupe. Il peut y avoir 5 ou 6 groupes différents dans un même local. Dans ce cas nous sommes donc plusieurs profs à effectuer la surveillance, qui consiste surtout à répondre aux questions des élèves qui trouvent que nos questions d'examen ne sont pas claires, alors que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et que les mots pour le dire viennent aisément. Et que tant va la cruche à l'eau qu'on ne regarde pas le bouchon qui n'amasse pas mousse qui roule.
Mais lorsque nous sommes plusieurs profs, nous devons résister à l'envie de jaser entre nous et de ricaner trop fort. Les seuls bruits qui doivent se faire entendre sont les feuilles qui bruissent (les feuilles d'examen, pas celles des arbres), les crayons manipulés et les scritch scritch des aiguisoirs (taille-crayons pour les Français!). Non, on n'entend pas de mouches voler pour la bonne raison qu'en mai les mouches sont encore gelées. Et en avril ne te découvre pas d'un fil.
Mais c'est bien beau jouer aux cartes sur notre iphone, il faut rester attentif aux signes de détresse de nos petits. Je passe dans les allées, j'ai l'impression de faire mon marché (faire l'épicerie pour les Français, à moins que ce ne soit l'inverse?).
Une main levée à l'autre bout de la salle! Je jette un coup d’œil à l'autre prof pour savoir s'il s'agit d'un de ses petits ou un des miens (je suis un peu myope...). Non, c'est bien un des miens. Il veut savoir s'il peut écrire ses réponses à la mine (au plomb pour les Français, à moins que ce ne soit l'inverse?). Je lui réponds que je m'en fous. Il est content. On m'accroche au passage : il veut une feuille supplémentaire. Je lui en donne. Il est content aussi. Une autre main levée : «Je peux-tu aller aux bécosses?» Mais oui, vas-y, mon ti-loup. Lui aussi est content. Je fais des heureux, c'est très gratifiant.
Plus rien. Pour passer le temps, je fais des statistiques : sur environ 85 élèves, je compte 15 casquettes (dont 2 seulement portées la palette vers l'arrière, ce qui prouve que c'est passé de mode), 2 tuques de laine (ce qui prouve qu'en mai non plus ne te découvre pas le coco) et 1 seul capuchon relevé (yo man). Je n'ai pas pu compter le nombre de culottes pendantes au califourchon aux genoux puisque tout le monde est assis.
Après l'examen, la correction. Nous étions trois profs à donner la même matière. Nous avons donc décidé de faire un examen commun. Une belle entreprise intergénérationnelle. Expliquons d'abord que l'un d'entre nous m'a déjà enseigné, et que j'ai déjà enseigné à un autre prof du département, qui, lui, a déjà enseigné au troisième d'entre nous. Quatre générations de profs, donc! Nous nous étions partagé la tâche : notre aîné allait composer l'examen, moi j'allais écrire le solutionnaire, et nous voulions laisser à notre benjamin la tâche de corriger les 60 copies.
Mais bon, on a eu pitié et nous avons décidé, à la place, de faire un party de correction. L'avantage du party de correction, c'est que, dans un souci de justice, nous pouvons nous consulter mutuellement sur le nombre de points retirés pour tel ou tel type d'erreur. Bien sûr, le solutionnaire donne les grandes lignes de la correction, mais les élèves sont une source inépuisable de types d'erreurs nouvelles auxquelles, malgré notre expérience, nous n'aurions pu penser.
En plus du souci de justice, ça nous donne aussi l'occasion de nous échanger des perles et des mots
Bref, des heures de plaisir! On envoie le petit nouveau au Tim Horton en face pour aller nous chercher des beignes et du café et avec tout ça, on ne voit pas le temps passer. En l'espace d'un après midi, toutes nos corrections sont faites, la justice règne, ainsi que la bonne humeur.
Quel merveilleux métier que le mien!
samedi 8 janvier 2011
Comme la pomme de Newton!
Mais pourquoi le chat a-t-il vomi EXACTEMENT à l'endroit le plus difficile à nettoyer, c'est à dire dans le creux causé par un des boutons du fauteuil???
En fait, peu importe où le chat aurait vomi, ça se serait ramassé là... Mais pourquoi??? Tel Newton recevant l'intuition de la force gravitationnelle en même temps que la pomme sur la tête, le chat d'Einstein a certainement vomi sur son sofa. Dans un premier temps, il (Je parle d'Einstein, pas du chat) a dû se dire que le bouton du sofa étant plus massif que le tissu environnant, l'attraction gravitationnelle aurait attiré les deux masses, d'où amalgame final.
Mais la force gravitationnelle ne suffit pas à expliquer le phénomène. La gravité est trop faible, compte tenu des masses impliquées, pour justifier cette attirance. Albert s'est alors résigné à se dire que la courbure du fauteuil à cet endroit était en cause. Moche. Mais il fallait aller plus loin! Albert s'est alors mis à faire des calculs fébriles et hop! Il s'est dit que LA CAUSE DE LA FORCE GRAVITATIONNELLE était justement une courbure! L'espace-temps est courbe! Il est courbé par la présence de masses dans le tissu même de l'espace-temps! Une bille (ou un vomi de chat) roulant à proximité d'une grosse masse sur le fauteuil serait déviée ou attirée par la déformation causée par cette masse!
Voilà, grâce à mon chat, je sais maintenant comme Einstein a eu son intuition de la courbure de l'espace-temps!
Maintenant, il faut nettoyer... Monsieur Net (qui s'appelle «Monsieur Propre» en France)? La tornade blanche (là je ne sais pas l'équivalent français...)? Une supernova???
La supernova aurait l'avantage de régler en même temps tous les problèmes de l'humanité en même temps! Imaginez tous les vomis de chat éliminés d'un coup d'étoile qui explose!
Peut-être même il y en a une en route? Impossible à savoir puisque la lumière voyage à 300000 km/seconde, alors si une étoile située à 4 années lumières d'ici a explosé, on n'en verra l'explosion que dans 4 ans! Si on prend l'exemple de SN 2006gy (inutile de la présenter, chacun sait qu'il s'agit de la supernova qu'on a pu observer en 2008), son étoile se trouvait dans la galaxie NGC 1260 à quelque 240 millions années-lumière de la Terre. Elle a donc explosé en l'an 239,997,992 avant Jésus-Christ! Plus on regarde loin, plus on regarde tôt!
Prenons notre soleil... Il est situé à 8 minutes-lumière de la Terre.
Admettons que le soleil vient d'exploser (je sais qu'il est trop petit pour devenir supernova, mais on sait jamais, une petite déchirure espace temps dans le magma infernal des réactions nucléaires de son cœur et boum!), donc, s'il vient d'exploser, on va le savoir dans 8 minutes.
Vous avez donc 8 minutes pour me laisser un commentaire!
jeudi 23 décembre 2010
Je suis noeud nologue
C'est le moment de se taper un p'tit ballon de rouge. Descendons au cellier. C'est là que se retrouvent les grands crus qui reposent dans une atmosphère propice à la vinification, dans une cave médiévalesque et toiledarachéenne...

Après avoir judicieusement choisi un Vougeot, de la maison Grivelet, fournisseur du Président de la République, dont le millésimé nous échappe pour cause de pourriture noble sur l'habillage, préparons-nous à apprécier le savoir-faire de l'artisan.

Je passe le tra-la-la d'observation de la bouteille au travers d'une luminosité spécifique qui nous aurait permis de jauger l'efficacité de la conservation par l'ampleur des mottons de noblesse dans le fond. Pas que ça à faire.

Prenons notre bidule à ouvrir les bouteilles, sorte de tire-bouchon hi-tech.

Et prions pour que le bouchon se comporte bien.

Installons le bidule.

Et hop!

Dites donc! Il en a long à raconter ce bouchon! On sent (!) qu'il a du vécu!
Il est temps de passer au carafonnage.

Il nous faut bien sûr un matériel propre à la rétention des tanins condensés

Eeeeeet voilà! Laissons-le respirer un peu.

D'abord précisons que ce procédé de filtration tangentielle a quelque peu perturbé la phase olfactive. Contentons-nous de dire que le nez est... épanoui.
Examinons la robe : hum... limpide (après filtration), couleur terre de sienne brûlée.
Nous choisissons notre verre. Dédaignons tout de suite le verre INAO, dont la forme est définie par l'AFNOR*. Même si la forme de ce verre est sensée favoriser la dégustation, nous jugeons que c'est une faute de goût que de boire dans un tel verre qui nécessite de basculer la tête en arrière pour en consommer le contenu, ce qui est d'une élégance discutable. Et puis d'ailleurs je ne possède pas de tels verres. Et puis j'ai copié ce paragraphe presque intégralement de wikipédia, pour impressionner le lecteur non averti.
La jambe? après avoir délicatement tourné le vin dans le verre et observé les ménisques larmoyants un peu trop éphémères, nous concluons que la jambe est cul-de-jatte.
Allons maintenant vers la mise en bouche : le vin est fort en gueule, avec une puissante après-bouche qui tapisse le gorgotton avec vigueur. L'arôme est à mi-chemin entre le géranium et le cuir de sanglier.
Verdict? Comme base de sauce pour du boeuf filandreux, ça devrait pas être trop mauvais.
*Association Française de NORmalisation
Après avoir judicieusement choisi un Vougeot, de la maison Grivelet, fournisseur du Président de la République, dont le millésimé nous échappe pour cause de pourriture noble sur l'habillage, préparons-nous à apprécier le savoir-faire de l'artisan.
Je passe le tra-la-la d'observation de la bouteille au travers d'une luminosité spécifique qui nous aurait permis de jauger l'efficacité de la conservation par l'ampleur des mottons de noblesse dans le fond. Pas que ça à faire.
Prenons notre bidule à ouvrir les bouteilles, sorte de tire-bouchon hi-tech.
Et prions pour que le bouchon se comporte bien.
Installons le bidule.
Et hop!
Dites donc! Il en a long à raconter ce bouchon! On sent (!) qu'il a du vécu!
Il est temps de passer au carafonnage.
Il nous faut bien sûr un matériel propre à la rétention des tanins condensés
Eeeeeet voilà! Laissons-le respirer un peu.
D'abord précisons que ce procédé de filtration tangentielle a quelque peu perturbé la phase olfactive. Contentons-nous de dire que le nez est... épanoui.
Examinons la robe : hum... limpide (après filtration), couleur terre de sienne brûlée.
Nous choisissons notre verre. Dédaignons tout de suite le verre INAO, dont la forme est définie par l'AFNOR*. Même si la forme de ce verre est sensée favoriser la dégustation, nous jugeons que c'est une faute de goût que de boire dans un tel verre qui nécessite de basculer la tête en arrière pour en consommer le contenu, ce qui est d'une élégance discutable. Et puis d'ailleurs je ne possède pas de tels verres. Et puis j'ai copié ce paragraphe presque intégralement de wikipédia, pour impressionner le lecteur non averti.
La jambe? après avoir délicatement tourné le vin dans le verre et observé les ménisques larmoyants un peu trop éphémères, nous concluons que la jambe est cul-de-jatte.
Allons maintenant vers la mise en bouche : le vin est fort en gueule, avec une puissante après-bouche qui tapisse le gorgotton avec vigueur. L'arôme est à mi-chemin entre le géranium et le cuir de sanglier.
Verdict? Comme base de sauce pour du boeuf filandreux, ça devrait pas être trop mauvais.
*Association Française de NORmalisation
samedi 18 décembre 2010
Bureau de poste, nouveau et amélioré!
J'ai déjà parlé de la Poste, avec un grand P. Je parle ici de la poste française, bien sûr. Ma description date de 2006.
Cette année, ils ont décidé d'améliorer leur bureau de poste. C'est le bureau de poste central de la ville d'A... de près de 100,000 habitants. Il avait 5 guichets, et ils avaient découvert tout récemment le principe de la file unique pour les 5 guichets. En plus, ils avaient installé des sièges et un distributeur de numéros! L'heureux client postal pouvait ainsi s'assoir pour lire son Agatha Christie et attendre peinard qu'on appelle son numéro. Pas de bagarre, pas d'engueulades.
Cependant, dans les 4 derniers mois, le bureau de poste était fermé pour rénovations. Tout le monde devait se rabattre sur le bureau de poste plébéien, un peu plus loin, où il y a toujours un monde fou. Et depuis qu'il était le seul à rendre ce service postal, le monde fou est devenu malade mental.
Enfin, un jour, le bureau de poste central a réouvert!
Je dois poster mes colis de Noël. J'entre. Le monde est encore plus fou (surtout le monsieur en veste brune, dans la queue derrière moi).
Au bout d'un moment, je me rends compte qu'il y a 3 queues. Je regarde les guichets : les 3 guichets de la queue unique dans laquelle j'ai pris place sont identifiées «Retrait, dépôts, chèques». Euuuuuh... J'ai un doute... Je consulte l'indication du guichet unique de la file unique #2 «Envoi de colis et retraits de colis». Oups! Cette seconde file fait bien 1km de long! La file #3 est identifiée «priorité détenteur de carte PRO». Pas pour moi.
Je suis en train de me demander si je ne suis pas dans la file unique de la banque. Je demande discrètement à la personne en avant de moi dans la queue si c'est bien ce que je crois. C'est là que Monsieur à la veste brune, derrière moi, m'encourage vivement à aller demander au guichet. Je l'ignore un peu car je répugne à quitter une file où je suis #3 pour aller rejoindre la file de 1km de long. Surtout que Monsieur veste brune semble bien anxieux de se débarrasser de moi pour passer plus vite.
Lorsque je me résigne enfin à aller interrompre la dame du guichet pour lui demander, Monsieur veste brune continue à me harceler «bin voilàààà, faut y aller, faut pas juste parleeeeer» et lorsque finalement je me dois de changer de queue, il me poursuit de ses invectives «eeeeh fallait pas juste parler, fallait y alleeeer!!!»
Un peu plus il recevait mon collissimo dans la face!!! Au moins il a eu droit à mon «colliss!» auquel il n'a probablement rien compris mais au moins ça m'a fait du bien.
Me voilà dans la queue d'un km de long. Pendant ce temps Monsieur veste brune a eu le temps de passer puisque à 3 guichets, ça roule tout de même assez vite. Oui car il faut bien comprendre que le but premier de la Poste, en France, est de servir de banque. Ils ont donc décidé d'améliorer le service bancaire et réserver 3 guichets à la banque. La poste avec un petit «p» ira dans le petit guichet du coin, là où il y avait de la place.
Alors finalement, voici la liste des améliorations du bureau de poste central :
- Un seul guichet de poste (par rapport à 5 auparavant);
- La distributrice de numéros ne fonctionne pas;
Mais c'est pas grave parce que :
- Les sièges ont disparu;
- Ya un Monsieur en veste brune dans la place.
Et dire que ça a pris 4 mois à fignoler tout ça!
Cette année, ils ont décidé d'améliorer leur bureau de poste. C'est le bureau de poste central de la ville d'A... de près de 100,000 habitants. Il avait 5 guichets, et ils avaient découvert tout récemment le principe de la file unique pour les 5 guichets. En plus, ils avaient installé des sièges et un distributeur de numéros! L'heureux client postal pouvait ainsi s'assoir pour lire son Agatha Christie et attendre peinard qu'on appelle son numéro. Pas de bagarre, pas d'engueulades.
Cependant, dans les 4 derniers mois, le bureau de poste était fermé pour rénovations. Tout le monde devait se rabattre sur le bureau de poste plébéien, un peu plus loin, où il y a toujours un monde fou. Et depuis qu'il était le seul à rendre ce service postal, le monde fou est devenu malade mental.
Enfin, un jour, le bureau de poste central a réouvert!
Je dois poster mes colis de Noël. J'entre. Le monde est encore plus fou (surtout le monsieur en veste brune, dans la queue derrière moi).
Au bout d'un moment, je me rends compte qu'il y a 3 queues. Je regarde les guichets : les 3 guichets de la queue unique dans laquelle j'ai pris place sont identifiées «Retrait, dépôts, chèques». Euuuuuh... J'ai un doute... Je consulte l'indication du guichet unique de la file unique #2 «Envoi de colis et retraits de colis». Oups! Cette seconde file fait bien 1km de long! La file #3 est identifiée «priorité détenteur de carte PRO». Pas pour moi.
Je suis en train de me demander si je ne suis pas dans la file unique de la banque. Je demande discrètement à la personne en avant de moi dans la queue si c'est bien ce que je crois. C'est là que Monsieur à la veste brune, derrière moi, m'encourage vivement à aller demander au guichet. Je l'ignore un peu car je répugne à quitter une file où je suis #3 pour aller rejoindre la file de 1km de long. Surtout que Monsieur veste brune semble bien anxieux de se débarrasser de moi pour passer plus vite.
Lorsque je me résigne enfin à aller interrompre la dame du guichet pour lui demander, Monsieur veste brune continue à me harceler «bin voilàààà, faut y aller, faut pas juste parleeeeer» et lorsque finalement je me dois de changer de queue, il me poursuit de ses invectives «eeeeh fallait pas juste parler, fallait y alleeeer!!!»
Un peu plus il recevait mon collissimo dans la face!!! Au moins il a eu droit à mon «colliss!» auquel il n'a probablement rien compris mais au moins ça m'a fait du bien.
Me voilà dans la queue d'un km de long. Pendant ce temps Monsieur veste brune a eu le temps de passer puisque à 3 guichets, ça roule tout de même assez vite. Oui car il faut bien comprendre que le but premier de la Poste, en France, est de servir de banque. Ils ont donc décidé d'améliorer le service bancaire et réserver 3 guichets à la banque. La poste avec un petit «p» ira dans le petit guichet du coin, là où il y avait de la place.
Alors finalement, voici la liste des améliorations du bureau de poste central :
- Un seul guichet de poste (par rapport à 5 auparavant);
- La distributrice de numéros ne fonctionne pas;
Mais c'est pas grave parce que :
- Les sièges ont disparu;
- Ya un Monsieur en veste brune dans la place.
Et dire que ça a pris 4 mois à fignoler tout ça!
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