vendredi 29 avril 2005

La France des cellulaires

Les Français les appellent aussi «portables» : on ne sait jamais de quoi il s'agit : un ordinateur ou un téléphone... Quoique c'est vrai que les ordinateurs portables sont ici plutôt appelés «laptop» (quand on ne vous comprend pas en France, dites-le en anglais).

Le téléphone cellulaire est devenu un objet de culte. On ne sort jamais sans lui. On se sent tout nu si par malheur on se retrouve les batteries à terre. D'où l'expression «Se retrouver les culottes à terre». Il faut pouvoir se rapporter en tous temps, en tout lieux. On n'a qu'à faire une ballade à Paris pour remaquer que 75% des gens solitaires marchent avec une main à l'oreille (on ne sait pas combien de ces gens n'ont rien dans la main mais c'est une autre histoire...). Il est aussi intéressant de constater que plusieurs couples se promènent aussi main dans la main, et cellulaire dans l'autre, en train de parler à... son gérant de banque? sa maman? son amant???

Se basant sur cette philosophie, il est devenu extrêmement grossier de ne pas répondre à son cellulaire! Il est aussi devenu impensable de ne pas recevoir d'appel de son frère, son fils, sa fille, son cousin ou son deuxième voisin de la fesse gauche pendant 2 heures... «Tu as eu Roger (ou Marcel, ou Yvonne)? Non, pas de nouvelles??? Mais qu'a-t-il bien pu lui arriver???»

Tellement de gens possèdent maintenant un cellulaire qu'il est impératif d'avoir chacun sa sonnerie particulière, qui doit aussi refléter la personalité. Ça va de la symphonie pour violoncelle et orchestre #6, opus 24 de Rachmaninoff à la chanson «caca dans la bruyère». Dans un lieu public, si un cellu se met à sonner, on évite ainsi que toute l'assistance fouille dans son sac pour répondre.

On initie toutes jeunes les fillettes aux joies du cellulaire : on trouve un cellu jouet dans les «accessoires beauté».


Des panneaux sur la route, sur les autobus, ou des pubs à la télé invitent les gens à acheter un nouveau modèle de cellulaire. À changer de modèle. Pourquoi? Pour rien, pour «le fun» dit carrément une publicité entendue. Dans une boutique de téléphonie, dire qu'on a le même téléphone depuis 2 ans nous vaut un regard incrédule de la part du vendeur. «C'est parce que vous êtes vieille, madame», me suis-je fait dire!

Dieu merci, au Québec, l'utilisation du cellu est encore surtout réservée aux urgences ou bien aux gens dont la profession oblige d'être sur la route. Quand on appelle chez quelqu'un, on ne demande pas «Tu es où?» Et la sonnerie fait encore «dring dring», tout simplement.

1 commentaire:

Zavosh a dit...

Il faut dire aussi que le "portable" ou cellulaire ca coute vachement cher ici au Quebec. Ce qui me parait bizarre ici c'est que tu payes aussi si qqn t'appelle sur ton portable; je trouve ca un peu vache. Pour le moment on se contente de "dring dring" et profite des appels locaux illimite ;)